bg-type.jpg
Le vin

Le Gamay
Bouté hors de Bourgogne en 1395 par Philippe le Hardi, le très "déloyault" gamay qui faisait alors concurrence sur les terres bourguignonnes au pinot noir, est aujourd'hui un cépage quasi-exclusivement beaujolais : sur 36 000 hectares de gamay plantés dans le monde, 22 500 le sont dans le vignoble beaujolais. Il a donc véritablement trouvé sa terre d'élection sur les sols argilo-calcaires et les terrains granitiques du Beaujolais, après avoir été, cependant, l'un des plants les plus répandus et les plus cultivés du vignoble français, jusqu'à la fin du XIXè siècle et l'invasion du phylloxéra. A cette époque, le gamay occupait 1/10ème du territoire viticole français, soit 160.000 hectares. Actuellement, il se classe à la 7ème place des cépages rouges.

 

Membre de la famille des " Noiriens "
Le gamay a-t-il été introduit par les soldats romains, au troisième siècle de notre ère, ou existait-il déjà dans la région ? La question reste sans réponse. Digne descendant de la lignée des « Noiriens », un groupe de cépages dominant les vignobles septentrionaux du nord-est de la France, le gamay s'est progressivement implanté de coteau en coteau, dans le Beaujolais, le Mâconnais, puis la Bourgogne, jusqu'à la fameuse décision de 1395. Certains confèrent même à la plante un lieu de naissance bourguignon en expliquant qu'il aurait été introduit, pour la première fois, dans cette région, dans le village de Gamay, en Côte d'Or. La famille des « Noiriens », à laquelle il appartient, englobe, outre les pinots, le chardonnay et les melons.

 

Comment le reconnaît-on ?
un bourgeonnement légèrement duveteux à pointe rosée, de jeunes feuilles d'un vert jaunâtre brillantes, des feuilles adultes rondes de 3 à 5 lobes avec un sinus pétiolaire en V plus ou moins ouvert, des dents anguleuses assez courtes, un limbe pratiquement glabre.

Les grappes peuvent être de formes très différentes. Les baies sont elliptiques, de couleur noire violacée, avec une peau fine. La pulpe est incolore. A l'automne, le feuillage rougit partiellement. Les rameaux exposés au soleil prennent une couleur cuivrée.

Ses aptitudes
Ce cépage a des aptitudes culturales et agronomiques spécifiques. Sensible aux gelées de printemps, par un débourrement précoce, il compense cet handicap par une certaine fertilité sur les contre-bourgeons. Son cycle végétatif est court ce qui le classe dans les cépages précoces. Peu vigoureux, fertile, il est particulièrement difficile à conduire. Il nécessite, si l'on veut maîtriser sa vigueur et juguler ses rendements, des soins très minutieux :
une densité de plantation serrée : de 8 000 à 10 000 pieds par hectare.
une taille courte laissant 3 à 5 cornes sur chaque cep et un maximum de 10 yeux (bourgeons).
des « vendanges en vert ». Pratiquées en juillet, elles consistent à diminuer le nombre de grappes par cep pour maîtriser au mieux les rendements. Ces pré-vendanges, il y a une décennie encore, déclenchaient l'étonnement des producteurs, la plupart n'en voyant pas l'utilité. Aujourd'hui, elles se généralisent de plus en plus, à chaque millésime.
Sur le plan oenologique, la vinification beaujolaise, semi-carbonique en grappes entières, exprime particulièrement bien les arômes et saveurs du gamay. Il donne des vins fruités et structurés à la fois, auxquels les différents terroirs beaujolais ajoutent leur propre signature.

 

Gamay ou pas gamay ?
La législation européenne a accepté le nom de gamay noir à jus blanc pour ce cépage.
Les synonymes du gamay sont nombreux : Gamay Beaujolais, Gamay d'Auvergne, Gamay de Saint-Péray, Plant de Limagne, Gamay Picard, Gamay Nicolas... Ils rappellent soit l'origine, soit le nom du sélectionneur. Mais, attention, certains « gamays » n'en sont pas ! Ainsi le Gamay du Rhône ou Gamay Saint-Laurent qui est en fait l'abouziou du sud-ouest, ou le gamay d'Orléans : un cépage de Loire, nommé Aboudance de Doui. Ou encore le Gamay de Châtillon qui n'est autre que le Grolleau.

 

Le Sol
Les massifs cristallins, rattachés à la bordure orientale du Massif Central proviennent du plissement hercynien (ère primaire), ils datent d’environ 250 millions d’années.

Le sol, terrain à vigne par excellence, peu profond, perméable, maigre et acide, composé de granit, friable de couleur rose, appelé gore ou grès, provient de la désagrégation sur place de la roche sous-jacente.

Le fait que l’on constate des différences selon les micro-terroirs du Moulin-à-Vent vient surtout de ces différences dans l’altération du granite et dans le transport et le réaménagement de ces éléments, provoquant quelques différences dans les sols , puis dans le grain, le fruit et les arômes des vins.

Le Moulin-à-Vent avec ses sols d’arène granitique, a son vignoble exposé à l’est , au soleil-levant et profite de ses bienfaits dès le matin.

On a pu dire que l’extrémité des racines du cep va chercher sa sève dans la roche même. Le sous-sol riche en manganèse (bioxyde de manganèse) n’est pas étranger à la production des vins corsés au cachet particulier du « Moulin à Vent ».

Le manganèse, associé à des minéraux comme la barytine et la fluorine, était exploité dans les roches broyées qui jalonnent la grande faille qui sépare la Plaine de la Bresse des Monts du Beaujolais.

En raison de ce type de sol ,le vieillissement des vins , issus du cépage Gamay, est très particulier au point de faire dire aux spécialistes qu’il »pinote » comme son cousin bourguignon.

 

visuel-vin.jpg